Les travaux de Béatrice Sauvageot : dysfonctionnements et dyslexie

Bibliographie Pensée en images, dyslexie, dys...

Béatrice Sauvageot a mis au point une méthode qui rééduque les dyslexiques sur une période allant de 6 mois à un an.

Béatrice Sauvageot est une orthophoniste qui s'est formée aux neurosciences. Elle a obtenu un prix de la Fondation de France (fondation Salavin Fournier) pour ses recherches en 1992, et dirige depuis un centre pédagogique et thérapeutique au sein duquel elle pratique sa propre méthode. Elle a constitué un groupes de recherche alliant artistes, scientifiques, linguistes, médecins, thérapeutes et patients autour des stratégies d’apprentissage. Ceux-ci se situent dans le monde entier. Elle propose des outils originaux et révolutionnaires car performants pour les dyslexiques et les dysorthographiques. Ils ont fait leur preuves et sont déjà utilisés dans 24 pays. Ils permettent aux dyslexiques, dysorthographiques, dysgraphiques, dyscalculiques et à certains dyspraxiques, d'apprendre rapidement la langue écrite standard tout en conservant l'accès libre et riche à ce que Béatrice appelle une bilexie épanouie. Béatrice Sauvageot travaille avec des enfants dyslexiques depuis vingt ans et a élaboré une méthode gestuelle qui corrige la dyslexie entre 6 mois et 1 an au lieu de 3 ou 4 ans minimum. Elle rééduque également les adultes qui ont un niveau de lecture CE1 pour leur faire acquérir une lecture fluide. Pour identifier les enfants dyslexiques, elle prend les enfants dans leur globalité et reconnait un dyslexique à sa façon d'être, à ses difficultés dans la vie et à sa façon de les gérer.

Pour Béatrice Sauvageot et son équipe, l’enfant qui peut devenir dyslexique a son propre langage, « une langue neurologique et linguistique à part entière, obéissant à une logique particulière propre à chaque dyslexique et à son regard sur le monde. Cette langue comporte une syntaxe, des règles de lecture ainsi que des fonctions »[1]. En effet, un dyslexique possède un langage qui cache « une singularité, une perception, des associations d'idées, une poésie et une structure à part ». Cela leur permet de faire la différence entre le vrai dyslexique et celui qui a des difficultés en orthographe. Pour un enfant dyslexique, apprendre le français est comme apprendre une langue étrangère, il doit maîtriser un double lexique : celui de leur langue « naturelle » et celui de la langue « officielle ». Il est tout à fait possible pour ces enfants de dépasser leurs difficultés, pour cela, il faut d’abord les aider à comprendre leur logique, travailler sur la plasticité des zones du cerveau concernées et les aider à maîtriser leur langue maternelle afin qu’ils puissent devenir bilexiques. Dyslexie évoque un problème de dysfonctionnement et d’une anomalie, alors qu’il s’agit d’une répartition différente des zones d’apprentissages de la lecture et de l’écriture. D’où le terme préféré de ‘’bilexie’’. Béatrice Sauvageot considère que, loin de dysfonctionner, les bilexiques « sont loin de nous avoir révélé ce dont ils sont capables ».

Le plus important pour Béatrice Sauvageot[2] pour aider un enfant à devenir bilexique est de mettre en avant ses potentialités exceptionnelles et avoir un regard positif sur leur personnalité. Plus on stimule l’enfant, plus on lui apprend de choses et plus il apprend. Plus on l’amuse, plus on l’intéresse à s’approprier ce code, plus il y arrive. Pour Béatrice Sauvageot également, lire et écrire c’est d’abord sentir, écouter, rire… Un dyslexique est quelqu’un de différent des autres dans sa perception du monde, dans son appréhension du langage et surtout qui a un talent caché. C’est un talent qui dort, il faut le stimuler et c’est grâce à la stimulation de ce talent, surtout grâce à sa conscientisation, que la personne va rééduquer son symptôme. Aider l’enfant à reprendre confiance en lui en valorisant ses qualités extrascolaires, qualité souvent négligées par l’éducation traditionnelle. Ce qui apparaît le plus remarquable pour elle est que le dyslexique est brillant dans ce qu'il entreprend mais à condition que le cadre émotionnel soit là. C'est à dire que rien n'est impossible à condition qu'il soit en sécurité affective, qu'il apprécie les personnes autour de lui et que les relatons soient bonnes. Il aura tendance, dès lors qu'il est mal à l'aise à se renfermer sur lui et à ne plus rien faire du tout.Ce n'est pas seulement la pensée en images qui est remarquable mais le surdéveloppement de ses 5 sens : il voit plus de couleurs, entend plus de sons, voit plus de détails et en 3D et "pense en images" mais avec ses images à lui. Par exemple, ils entendent tellement bien les nuances des sons, que pour eux un "a" peu avoir une quinzaine de façon de se prononcer si distinctes que pour eux, il s'agit de 15 sons différents. Il faut donc apprendre que tous ses sons s'écrivent de la même façon ce qui n'a aucun sens pour lui...Il faut apprendre aux enfants à maîtriser leurs déplacements, car la lecture est un rythme, un mouvement. Maîtriser ce rythme est une des clés de l’apprentissage. Pour intégrer une lettre extérieure à lui, l’enfant doit l’intégrer dans son schéma corporel.

Béatrice Sauvageot affirme qu’un enfant peut avoir les dispositions pour être dyslexique et être très bon lecteur, si la lecture est une vraie passion et donc un choix personnel de l'enfant.

Béatrice Sauvageot nous explique également sur son site : « Depuis une dizaine d'années, nous avons découvert des perceptions visuelles des lettres et des mots chez les dyslexiques et les dysorthographiques. Les zones utilisées pour déchiffrer ne sont pas les mêmes que les nôtres, elles passent par 3 analyses simultanées des lettres. Si on analyse les rythmes d'association des groupes de graphèmes, nous percevons que les dys déchiffrent de la même façon qu'un musicien devant une partition : il a besoin de la contre forme, de la complémentarité et d'indications diverses de couleurs, de pleins et de vides afin d'accéder à une lecture fluide, le déchiffrage est son ennemi. C'est pourquoi nous avons mis en place des outils qui permettent de lire par étape et d'accélérer le débit jusqu'à l'obtention d'une lecture fluide. Ces étapes de lecture tiennent compte des zones cérébrales convoquées pour les tâches de lecture, stimulent les fonctions supérieures du langage et permettent également aux non dys d'acquérir ce code. »

Béatrice Sauvageot a fondé avec Jean Métellus l’association ‘’Puissance dys’’ afin de promouvoir ses recherches dans les domaines de la pédagogie et de la thérapie. Son travail se développe au sein de diverses structures : cabinet libéral, projets pilotes au sein d’établissements publics et privés (son association est reconnue et elle peut intervenir dans les écoles afin de faire comprendre que l’on ne peut pas aborder les apprentissages comme avec les autres enfants, elle donnent des conseils), projets d’insertion et de réinsertion professionnelle, établissement pénitentiaire, hôpitaux, universités. Elle participe à de nombreux colloques et son travail fait l’objet d’articles dans la presse, d’émissions de radio et de télévision.Elle propose une rééducation en ligne comme un outil quotidien. Elle propose des séances collectives de rééducation depuis 20 ans qui ont montrées leur efficacité. Elle donne des stages à Paris, en province et à l’étranger. Ils permettent de mettre en pratique les exercices effectués chez soi et surtout de trouver une ambiance de travail dans laquelle le dyslexique peut optimiser sa capacité d'apprentissage.

L'humour, la créativité, le mimétisme, l'échange sont les axes utilisés pour développer le cerveau dyslexique. Et ça marche !

Catherine Chemin


[1] http://www.beatrice-sauvageot.com

[2] http://www.youtube.com/user/BeatriceSauvageot