Depuis avril 2001, j'instruis mes trois enfants à la maison. Mon fils aîné est officiellement reconnu précoce, mes deux autres enfants suivent le même chemin. Maltraités moralement et physiquement par le système scolaire et par leurs "camarades", leur précocité a été perçue par leurs maîtresses comme un handicap. " Trop avancé pour son âge : louche et insidieux " pour mon fils de 9 ans, " élève lente et idiote " pour ma fille de 7 ans et " enfant autiste, trop intellectuelle, doit redoubler " pour ma fille de 4 ans (alors en petite section) ! A tous ces commentaires portés sur les livrets scolaires et énumérés devant la classe, j'ajoute que mes enfants étaient envoyés dès février en fond de classe avec interdiction de parler car ils " perturbaient " la classe par leurs réponses ! Toute notre histoire constituerait un roman… Le résultat pour nos enfants : perte de confiance, cauchemars, pleurs, psychologues, déscolarisation et encore aujourd'hui, phobie de l'école, peur qu'on les y remette. J'aurais voulu que mes enfants s'intègrent dans la " masse ", qu'ils s'épanouissent, mais l'école le leur a refusé. Aujourd'hui, ils ont repris goût aux choses simples. Il a fallu réapprendre à notre fille de 7 ans à oser, à s'exprimer, elle a perdu sa timidité. Notre fille de 4 ans, étiquetée " autiste ", est épanouie et commence à lire et écrire. Notre fils est encore perturbé, il fait des cauchemars mais est heureux d'être à la maison et est moins souvent malade. Mon mari et moi ne sommes pas des marginaux, mais des gens ordinaires. Nous n'imaginions pas que l'on pouvait sortir du circuit classique (maternelle, école, centre aéré...), nous ne savions d'ailleurs pas que c'était légal. Nous regrettons de ne pas l'avoir fait plus tôt, car cela aurait épargné bien des souffrances à nos enfants. La seule chose dont je suis sûre est que j'aime mes enfants et que je veux qu'ils soient heureux, à l'école ou à la maison.